Dans " Etat d'esprit ", l'intrigue est
basée sur le doute et l'hallucination, à la fois pour le protagoniste
mais aussi pour le spectateur. Mon envie était de faire participer dans
un premier temps le lecteur qui deviendra, dans l'absolu, le spectateur.
Le scénario est né et s'est construit à partir de l'idée même de ce
qu'est le cinéma: une fiction, une histoire que l'on veut nous
présenter comme vraie, mais qui ne l'est pas forcément. Un peu comme
dans l'allégorie de la caverne, de Platon, où les hommes hésitent,
doutent sur ce qui, de l'intérieur ou de l'extérieur de la caverne, est
la réalité.
Dans " Etat d'esprit ", nous avons un
univers unique pour deux décors différents, ce qui fait que, comme
Jérôme, on se demande à quel moment on est dans la réalité et à quel
moment on est dans l'imaginaire. Phénomène paradoxal, lorsqu'on sait
que finalement on est en train de regarder une fiction.
Le décor excite la curiosité du spectateur qui, tour à tour, se pose la
même question que Jérôme, à savoir: " Qu'est-ce qui est réel et
qu'est-ce qui ne l'est pas ? Qui suis-je ? ".
Intervalles " mystiques ", voyage intérieur, vision de l'esprit, la
scène de théâtre est alors illusion, rêve éveillé: l'épreuve pour le
spectateur d'une représentation pure de l'esprit. Le décor de la
cellule représente alors l'image de l'enfermement psychologique que
subit Jérôme.
Lieu métaphysique s'il en est, l'expressivité de la scène de théâtre de
Jérôme est puissante à nos sens. Décor à la fois d'un film de cinéma,
mais aussi d'une pièce de théâtre, un décor dans un décor qui sera une
matière sensationnelle, cadrée, filmée, soumise au regard et aux
répliques des personnages ; Pont entre trois univers: notre réalité,
puisque c'est à travers ce décor de cinéma que le spectateur " entrera
" dans l'univers du film ; La réalité de Jérôme et finalement son
hallucination.
"Etat d'esprit " serait un voyage hallucinogène entre réalité et
fiction par des jeux de mise en scène. La neutralité résolue du récit,
les dialogues, l'intrigue sont des matériaux de la mise en scène: vraie
composition psychadélique, rêve éveillé, comme quête éperdue de sens,
film de cinéma.
Bruno Djiane
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Présentation de l'Auteur:
Depuis tout petit, Bruno Djiane se passionne pour le cinéma. Il découvre les romans policiers d'Agatha Christie. Le roman policier devient alors son genre préféré et Bruno dévore entre autres, les oeuvres de Sir Arthur Conan Doyle et de John Dickson Carr.
Les séries des années 80 lui plaisent également beaucoup, avec un intérêt tout particulier pour " la 4ème dimension " et " Alfred Hitchcock présente ". Ses lectures basculent du roman policier au fantastique et Bruno commence à écrire des nouvelles du même genre tout en continuant d'aller au cinéma toutes les semaines, rachetant aux exploitants, les affiches de ses films préférés...
En 1996, il entre à l'université d'Aix en Provence pour y suivre des études d'espagnol et des cours d'analyse du film et de l'image, pendant deux ans, dans le cadre des arts visuels dans le monde hispanique. En parallèle, Bruno travaille dans un multiplexe comme responsable décoration, tout en suivant une formation de projectionniste.
Avec un ami, en école d'audiovisuel, il tourne quelques courts métrages en tant qu'acteur. Bien que ça l'amuse, le cinéphile qu'il est, préfère s'intéresser aux coulisses du cinéma.
En 2007, il rencontre Grégory, un jeune réalisateur amateur de courts métrages plusieurs fois sélectionnés dans des Festivals. Etant l'un des rares à lire les anciennes nouvelles de Bruno, il lui demande de " s'essayer " au scénario. Après quelques lectures sur le sujet et une formation de scénariste à distance, Bruno écrit son premier scénario:
" ETAT D'ESPRIT ".
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